Ce travail capture un territoire hybride, ni urbain ni rural, où l'activité humaine a progressivement modelé et altéré le paysage. Dans cette zone grise de notre géographie sociale coexistent des infrastructures, témoignages de notre volonté de domination de la nature, et des visages marqués par la lassitude, des regards préoccupés qui semblent porter le poids de leur environnement.
À travers ces images se dessine le portrait d'une société à bout de souffle, étouffée par son propre modèle de développement. La série évoque les signes avant-coureurs d'un déclin, installant une atmosphère lourde où le drame semble imminent, prêt à surgir.
La démarche du photographe examine la place du vivant dans notre société contemporaine, documentant la dégradation systémique infligée à toute forme de vie par notre système économique basé sur la croissance et la rentabilité.
Son objectif se concentre sur les zones où cette violence est la plus visible : espaces périurbains déstructurés, campagnes industrialisées et territoires en déshérence, où nature et humains semblent privés de leur droit d'existence. Ses images montrent comment la standardisation affecte simultanément paysages et habitants.
Il capture particulièrement les moments où la dignité du vivant persiste, témoignant d'une force vitale résistante. Sa technique photographique, centrée sur le travail de la lumière, crée des atmosphères propices à la méditation et transforme l'observation en contemplation.
Sa démarche repose sur la conviction que chaque élément du réel porte un récit dépassant l'anecdote. En estompant les frontières entre lieux et êtres, son travail produit une narration qui transcende le documentaire traditionnel, cherchant l'universel dans le particulier et le mythologique dans l'ordinaire.
Cette approche crée un espace où photographe, spectateur et sujets photographiés fusionnent dans une même expérience de reconnaissance et de partage.